Lundi , 4Aoû 2008.
L e village de Koumonin est un district de Mafendou, situé à 3 Km de la S/P de Bolodou, Préfecture de Guéckédou. Les habitants de ce village ont été sensibilisés depuis longtemps par un pasteur de l’église protestante sur les conséquences de l’excision en se basant sur les saintes écritures de la Bible et la position de l’église par rapport à la pratique. Ce pasteur, pour matérialiser sa position en faveur de l’abandon de l’excision, n’a pas fait exciser ses filles. Ainsi, les petits fils du fondateur du village, ont épousé les filles du pasteur. Après le mariage, les deux familles ont décidé de ne plus faire l’excision de leurs filles. Etant membre fondateur du village, ces familles n’ont plus organisé les cérémonies d’excision dans le village, bien que certaines personnes la pratiquaient. 
L’animateur de l’Association des Femmes pour l’Avenir des Femmes (AFAF), ONG Partenaire de Plan Guinée pour l’exécution du projet « Amélioration de la protection et bien-être de l’enfant et de la femme » de la zone, a renforcé la position de ces familles et celle des filles que les parents s’apprêtaient à exciser cette année à travers des animations sur les conséquences de l’excision. Il a informé la population de la tenue de la formation des filles non excisées. Ces filles sensibilisées ont à leur tour, informé leurs parents, qu’elles ne veulent plus être excisées, mais plutôt, qu’elles préfèrent être formées et que des cérémonies sans excision pouvaient être organisées. Chose qui fut acceptée par les parents qui ont donné leur autorisation à l’animateur pour la formation.
Ils ont également exprimé leur détermination et engagement à faire une déclaration officielle d’abandon de l’excision. Cette information fut rémontée à l’équipe de coordination, lors de la réunion des animateurs en mars 2008. L’animateur de AFAF a constitué plusieurs groupes de parole/animations et sensibilisations avec les jeunes filles programmées pour l’excision et celles non excisées. Une équipe de deux personnes, munie de fiches d’enquête, a sillonné le village pour voir la réalité des choses et identifier avec les groupes cibles, la stratégie de mise en œ uvre de l’activité. Les résultats de l’enquête ont été satisfaisants, car la décision de ne plus faire exciser les filles dans le village est collective. A l’arrivée de la coordination sur le terrain, le même engagement a été signifié par les villageois et les autorités, de faire une déclaration officielle devant Dieu et les hommes, de faire de Koumonin, ‘’ un village sans excision’’ et de signer un pacte avec l’ONG AFAF, devant les autorités. Avant la cérémonie, un serment fut signé entre tous les villageois en ces termes : « Aucun villageois ne doit accepter de perturber les cérémonies.
Tous ceux qui ne respecteraient pas cette décision, devraient payer des amendes »; « Pour concrétiser notre décision, chaque famille devrait sans contrainte, donner ses filles à la formation ».
S’agissant de cette formation, contre 20 filles et 5 mères accompagnatrices prévues, 40 ont pris part activement aux débats, suivis de témoignages et de chansons. Les thèmes ont porté sur l’anatomie et la physiologie des organes génitaux, l’excision et ses conséquences, les droits des enfants et des femmes, les IST/VIH/SIDA et les techniques de communication. Après les soirées récréatives et la formation, il y a eu le carnaval avec les filles formées dans le village. Les autorités ont fait différents discours suivis de présentations artistiques et culturelles sur l’excision et les remises de cadeaux par les filles, les parents et l’ONG. A la fin de la cérémonie, le représentant de la localité a fait la lecture de la déclaration de ‘’ Village sans Excision’’ et signé le pacte.
Ce pacte comporte un engagement à ne plus pratiquer l’excision dans la localité et un plaidoyer pour un appui à l’encadrement des filles formées pour leur valorisation totale, par l’éducation et la formation continue.
La stratégie mise en place par l’ONG AFAF pour savoir que les communautés de ce village vont réellement arrêter d’exciser les filles est constituée de séances de prises de contact régulières avec les filles non excisées formées, au cours d’animations et de supervisions par l’équipe de coordination. En attendant, AFAF continuera les animations par groupes de parole avec les filles formées d’une part et d’autre part, elle organisera le dialogue de générations avec les habitants de Gbandou et Koumonin pour briser le mythe entre les filles excisées et non excisées et appuyer les parents dans la communication sur la sexualité avec leurs enfants.
Aussi, l’ONG demandera aux habitants d’exprimer leurs besoins et recommandations pour une recherche de financement avec le bailleur.
Tous pour une Guinée sans excision !!!
Dr Jeanne Manguet Coordinatrice du projet « Amélioration de la protection et bien-être de l’enfant et de la femme »
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